ASPAC International – Le développement au fil de l’eau

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De l’eau potable pour tous, de manière durable et à faible coût. Telle est la devise de ASPAC International, installée sur le sol camerounais depuis 2010. En moins d’une décennie, la société d’ingénierie belge aura alimenté plus de 2 millions d’habitants en eau potable à travers tout le pays.

 

Son dada, ça a toujours été l’eau. Ingénieur de formation, Jacques Massart lance sa propre société en 2005 à Rhode-Saint-Genèse en Belgique, après quelque temps passé à aiguiser ses compétences en Allemagne, en Europe et en Afrique. Les cinq premières années de ASPAC International (Intl) passeront à perfectionner un business model original alliant ingénierie et financement, et à caresser de futurs projets au Cameroun « en partant d’une page blanche », selon son expression.

Le jeune PDG s’explique :
«   dès les débuts, nous proposons des projets d’eau clé en main (EPC), depuis l’ingénierie et la conception jusqu’à la construction, en passant par la fourniture des équipements. Mais l’expérience m’avait appris que c’est toujours le financement qui pose problème. Faire appel à la Banque mondiale ou la Banque Africaine de Développement prend énormément de temps ». C’est ainsi que ASPAC Intl intégre très vite à son offre une composante financement : « nos réalisations sont financées avec le support de Finexpo et la couverture de Credendo, et nous travaillons aussi avec des banques commerciales belges, notamment Belfius pour tous nos projets camerounais ».

Tout était à refaire…

Les premiers projets au Cameroun verront le jour en 2010. Depuis, Jacques Massart vit entre deux avions, « entre la Belgique et le Cameroun, mais aussi tous les autres pays où ASPAC Intl se développe ou voudrait se développer. Le Cameroun est un très beau pays, et les Camerounais sont des gens chaleureux, d’autant plus accueillants avec nous qu’on leur amène l’eau ! », sourit-il. À l’époque, au Cameroun, « tout était à refaire. Plus aucun investissement n’avait été réalisé dans le secteur de l’eau depuis plus de 15 et parfois 20 ans ! Partout dans le pays les stations étaient délabrées ».

Bien sûr, ASPAC Intl disposait déjà de contacts sur place dans son secteur. Mais il y avait aussi une fameuse opportunité :
« La Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC) avait périclité et venait d’être remplacée par une société d’Etat, Camwater, et un consortium pour l’Exploitation Camerounaise des Eaux (CDE). Dans cette nouvelle configuration, la Camwater cherchait des financements pour remettre en état toutes ses infrastructures d’eau potable. Notre expertise technique associée à notre composante financement faisait de ASPAC Intl le candidat idéal pour répondre à leur demande ».

Un développement fulgurant grâce à l’eau

Il n’y a pas que les zones rurales qui étaient touchées par cette terrible carence. « Cela concernait toutes les régions du pays. Nous avons entrepris des chantiers dans les 10 régions, aussi bien en zones rurales qu’en zones urbaines ou péri-urbaines, aux abords de Yaoundé et Duala », s’enorgueillit l’ingénieur. Entre conduites, forages et châteaux d’eau, ASPAC Intl mène deux types de travaux : « nous construisons des systèmes neufs ou bien nous réhabilitons des systèmes existants, en les améliorant si nécessaire pour les adapter aux besoins d’une population croissante ».

Jacques Massart se souvient avec émotion de son tout premier chantier, à Mbankomo, « un petit village à l’entrée de Yaoundé. Le système était très simple : forage, réservoir au sol en altitude et réseau de distribution. Aussitôt que l’approvisionnement a été mis en service, cette petite bourgade s’est tout à coup mise à se développer de manière impressionnante ! C’est aujourd’hui devenu une véritable petite ville, avec un bureau de poste, une station service, des écoles et des centres de santé ! ».

La transparence, une nécessité

Un petit conseil aux compatriotes qui voudraient se lancer au Cameroun ? « Ne rien entreprendre sans s’assurer d’être parfaitement en règle et de respecter toutes les procédures ! Les autorités camerounaises se montrent très attentives à ce que tous les contrats soient exécutés dans les règles de l’art. Les contrôles directs et indirects sont nombreux, via toute une série d’intervenants qu’on n’identifie pas toujours aisément.
La transparence n’est pas un luxe, mais une nécessité ! »

Travaillant avec une société d’État, ASPAC Intl n’a jamais eu de difficulté à obtenir les autorisations nécessaires pour l’eau. Pas plus que les permis environnementaux indispensables pour les nouvelles installations. « Les certificats de réception des travaux en revanche, qui attestent de l’achèvement du chantier, sont parfois plus délicats à obtenir. Et sans eux, il est difficile de prouver nos références pour faire affaire dans d’autres pays africains par exemple ».

Au nord, les troubles n’ont pas eu raison des chantiers

Les crises qu’a connues le pays n’ont heureusement pas affecté trop lourdement les activités d’ASPAC Intl : « les forces camerounaises ont assuré notre protection durant les travaux dans l’extrême nord du pays. Dans la période plus chaude, on a tout de même dû démobiliser quelques fois nos chantiers pour mettre nos travailleurs en sécurité. Cela nous a un peu retardé, mais nos projets ont tout de même été livrés en temps et en heure ! »


 

« Ouvriers ou ingénieurs, la main-d’œuvre camerounaise est excellente ! »

Excepté un coordinateur belge, ASPAC Intl n’emploie sur place que des Camerounais. Avec un noyau dur de 75 employés locaux, la société engage plusieurs centaines de personnes sur ses chantiers. « Les Camerounais sont très qualifiés, nous sommes fiers de la qualité de nos réalisations. À tel point que nous utilisons notre force camerounaise pour mener des projets dans d’autres pays africains. Et pour continuer à former nos talents, nous les envoyons souvent en formation en Afrique et en Europe. Les voyages ouvrent l’esprit ! »