2020 MISSION PRINCIERE AU SÉNÉGAL

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Le Sénégal pays d’Afrique de l’Ouest bordé, du nord au sud, par la Mauritanie, le Mali, la Guinée et la Guinée-Bissau, entoure lui-même la Gambie, pays anglophone dont la superficie est l’une des plus petites du continent. Son littoral, au climat relativement sec, est ouvert sur l’océan Atlantique dans la partie la plus occidentale du Sahel. Près de la moitié des 15,4 millions d’habitants (2016) que compte le pays se concentrent autour de Dakar et des autres zones urbaines. Le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique. Depuis son indépendance en 1960, il a connu trois grandes alternances politiques, toutes pacifiques.

 

Le Sénégal est l’un des pays les plus stables d’Afrique. Depuis son indépendance en 1960, il a connu trois grandes alternances politiques, toutes pacifiques.

La mission princière multisectorielle du 7 au 10 juin 2020 mettra notamment en avant les secteurs clefs suivants :

    • L’eau, l’environnement et les énergies renouvelables
    • La logistique (le portuaire, le ferroviaire et l’aérien)
    • L’agriculture et l’agro-industrie
    • La santé
    • L’éducation
    • Les Technologies de l’Information et de la Communication
    • Les services

SITUATION ECONOMIQUE

Le Sénégal se situe parmi les dix pays à la croissance la plus rapide au monde. Toutefois, sa croissance reste axée sur les infrastructures, et le secteur privé est trop peu développé pour parvenir seul à faire reculer la pauvreté. L’agriculture reste l’un des principaux moteurs de l’économie et un levier en faveur de la croissance inclusive, de la sécurité alimentaire, de l’emploi et de la réduction de la pauvreté. Ce secteur emploie 77 % de la population active, soit plus de 60 % de la population, et 60% des personnes travaillant dans le secteur agricole sont des femmes. Environ 70 % de la population rurale dépendent de l’agriculture ou d’activités s’y rapportant pour leur subsistance. L’écart entre la part de l’agriculture dans le PIB et la part de la population active qu’elle mobilise souligne à la fois la faible performance du secteur et son immense potentiel de croissance.

Le Gouvernement actuel a mis en œuvre un certain nombre de réformes qui semblent porter leurs fruits. Bien qu’il y ait eu des succès notables, les accroissements de la production sont largement le résultat d’une expansion des zones cultivées et de la politique de subvention des engrais et des semences.

Le Sénégal reste une destination attractive pour les investissements dans l’agriculture et l‘agro-entrepreneuriat, et le Gouvernement reconnaît que le développement en aval des filières agricoles – et leur connexion en amont – peut apporter une contribution majeure à la lutte contre la pauvreté.

Le Sénégal, qui affiche une croissance supérieure à 6 % depuis 2014, devrait conserver cette dynamique dans les années qui viennent, en faveur notamment du démarrage de la production de pétrole et de gaz prévu en 2022. Si tous les secteurs de l’économie ont tiré la croissance en 2018, celle-ci a surtout bénéficié de trois moteurs principaux : l’agriculture, boostée par des programmes de soutien, la demande extérieure, robuste, et les grands investissements d’infrastructure entrepris dans le cadre du Plan Sénégal Emergent (PSE).

Afin de maintenir un rythme de croissance rapide à l’avenir, le pays devra davantage s’efforcer d’améliorer l’efficacité de l’investissement public et de garantir la stabilité de son cadre macroéconomique. Des réformes soutenues visant à réduire les obstacles structurels qui entravent encore la bonne marche de l’économie permettraient également de stimuler l’investissement privé.

SITUATION SOCIALE

Pour s’inscrire dans la trajectoire de l’émergence vers l’horizon 2035, le Sénégal a adopté depuis 2014 le Plan Sénégal Emergent qui constitue le référentiel de sa politique économique et sociale. Cette démarche traduit la volonté politique d’enclencher une dynamique d’expansion économique tout en garantissant le bien-être des populations.

Selon les derniers chiffres disponibles, le taux de pauvreté était évalué à 46,7 % en 2011 en utilisant le seuil national de pauvreté, et à 38 % en se basant sur le seuil international (de 1,90 dollar en parité de pouvoir d’achat).
Les bonnes performances sur le plan de la croissance laissent penser que la pauvreté monétaire a reflué, dans les campagnes grâce au secteur primaire et, dans les villes, grâce à la construction et aux services.

Les indicateurs non monétaires, eux aussi en progression (accès aux services et détention d’actifs), traduisent toutefois une stagnation des inégalités. La question de l’inclusivité reste essentielle, la création d’emplois ne suffisant pas à absorber les flux migratoires internes ni la hausse de la population active. D’autant que le travail est essentiellement informel, d’où des salaires faibles, un sous-emploi et une protection sociale limitée.

Avec la poursuite des réformes engagées au titre du Plan Sénégal Émergent, les pauvres devraient progressivement accéder à des secteurs plus dynamiques et à valeur ajoutée, comme l’horticulture ou la transformation agricole. La forte croissance enregistrée depuis 2015 devrait se poursuivre en 2019 et 2020 grâce à la poursuite des investissements publics dans le cadre du Plan Sénégal Émergent. Les efforts de consolidation pourraient ramener le déficit budgétaire à moins de 3 % du PIB après 2020. La mise en œuvre de la 1ère phase du PSE, sur la période 2014-2018, a impulsé une nouvelle dynamique de croissance économique et contribué à la consolidation du cadre macroéconomique. La croissance est tirée par la consommation, les investissements et les exportations. Ces dernières ont connu une progression, avec un taux de 9 % en moyenne par an sur la même période mais restent relativement faibles comparées aux pays de référence. Cette situation s’explique, notamment, par la faible sophistication des produits exportés. Facteur déterminant dans le processus de transformation structurelle, la productivité connait une amélioration mais devra être renforcée pour être à la base d’une économie résiliente et inclusive. S’agissant des secteurs sociaux, les performances du Sénégal sont appréciables en ce qui concerne la santé, l’éducation et la formation, la lutte contre la pauvreté, les inégalités ainsi que l’accès aux services sociaux de base, même si des efforts restent encore à fournir.

Pour ce qui est de la mobilisation des ressources, elle a été relativement appréciable. Cette situation est imputable, d’une part, à la mise en œuvre des réformes des finances publiques, des Administrations fiscale et douanière, et d’autre part, à la contribution des PTF qui enregistrent un taux de concrétisation des engagements de près de 160 %. Cependant la participation du secteur privé dans le financement des projets et programmes constitue un défi majeur.

La phase II contribuera à la réalisation de la vision « d’un Sénégal émergent en 2035 avec une société solidaire dans un Etat de droit ». La mise en œuvre de la stratégie devra permettre de réaliser, à travers la transformation structurelle de l’économie, une croissance forte, inclusive et durable pour le bien-être des populations. Cela nécessite de poursuivre les réformes pour améliorer l’environnement juridique des affaires, d’élargir la base productive de l’économie, d’améliorer la compétitivité, de promouvoir un secteur privé, créateur de richesses et d’emplois, de renforcer l’adéquation formation/emploi mais également, la participation effective des populations aux actions de développement.

FINANCEMENT PRIVÉ DANS LES PROJETS DE TYPE PARTENARIAT PUBLIC PRIVE- PPP

Le Sénégal a décidé de s’engager dans la voie des PPP : il s’agit à la lumière de la baisse tendancielle de l’aide publique au développement et des limites objectives des prêts concessionnels, de voir comment par des mécanismes innovants, tirer le meilleur profit qu’offrent les financements de type PPP. L’importance croissante des entreprises et des investissements privés européens au Sénégal dans les secteurs phares du Plan Sénégal Emergent en particulier l’agriculture durable, la sécurité alimentaire, l’eau et l’assainissement ainsi que de l’énergie fait que nous devons relever des défis d’intérêts communs.

Le coût global du plan d’Actions Prioritaires-PAP 2019-2023 est évalué à 14 098 milliards de FCFA. Le financement acquis, d’un montant de 9 414 milliards de FCFA, soit 66,8 % tandis que le gap de financement à rechercher est de 4 684 milliards de FCFA, soit 33,2 %. En d’autres termes :

    • l’État pour 4 248 milliards de FCFA (45,1 %)
    • des PTF pour 5 166 milliards de FCFA (54,9 %). Le gap de financement du PAP, d’un montant de 4 684 milliards de FCFA, se répartit comme suit :
    • 2 850 milliards de FCFA d’appui financier attendu des PTF
    • 1 834 milliards de FCFA de participation du secteur privé dans les projets PPP contre 486 milliards de FCFA de contribution de l’État, soit 2 320 milliards de FCFA de projets PPP

Le scénario optimiste (Scénario de décollage prenant en compte la tendance du financement acquis consolidé ainsi que le besoin additionnel de financement des actions et mesures identifiées comme prioritaires) du PSE pour la période 2014-2018 ne s’est pas déroulé tel que prévu, en raison d’une faiblesse du financement privé dans les projets PPP. Sur les 1111 milliards attendus, une vingtaine de projets PPP ont été exécutés, pour un montant de 397,8 milliards de FCFA en particulier dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, du tourisme, de l’industrie, de l’agriculture et de la santé. Cette insuffisance est notamment due au retard noté dans la mise en place du cadre juridique de la Loi PPP ainsi que la non-disponibilité d’études de faisabilité pour plusieurs projets ciblés. Par ailleurs, certains projets initialement prévus en PPP ont été réalisés sur financement exclusivement public. Les projets du PAP à financement PPP n’ont pas, dans l’ensemble, suivi un processus de maturation et n’ont pas bénéficié du portage et du tutorat nécessaires pour leur promotion auprès des investisseurs privés. Il a été constaté l’absence d’un acteur clairement identifié, chargé du portage de ces projets. De plus, l’inexistence d’un référentiel unique récapitulant tous les projets du PAP ayant une composante à financement privé n’a pas aidé à une bonne appropriation de ces projets.

La mise en œuvre des projets du PSE a permis une nette rupture par rapport aux tendances historiques, avec des taux de l’ordre de 30 %. Cela s’explique, d’une part, par la réorientation des investissements publics dans les secteurs prioritaires et, d’autre part, par les importants jalons posés dans le cadre des projets phares du PSE dont certains résultats sont ci-dessous présentés :

Projet phare « corridors céréaliers »
L’ambition du projet phare est de résorber de moitié le déficit de la balance commerciale sur les principales cultures céréalières (riz, mil et maïs) dans une perspective
d’autosuffisance alimentaire sur le long terme. Les objectifs spécifiques portaient sur l’atteinte de l’autosuffisance en riz en 2017 avec une production de 1 600 000 tonnes de riz paddy, et sur la substitution de 30 à 50 % des importations de farine de blé par les céréales locales. L’atteinte des objectifs d’accroissement des productions céréalières d’un volume de 2 795 000 tonnes a été réalisée à 93 % avec une production qui est passée de 1 099 274 tonnes en 2011-2012 à 2 516 465 tonnes en 2017-2018, soit une hausse de 129 %. Cette performance est réalisée grâce d’une part, aux efforts consentis par l’État dans la mise en place d’intrants de qualité avec la remise à niveau les fermes semencières (production de 134 000 tonnes de semences certifiées sur une superficie de 95 706 ha) et d’équipements agricoles et d’autre part, au rôle prépondérant du secteur privé dans la réalisation de centres de conditionnement de semences et d’unités de triage. Relativement à la satisfaction de la demande nationale en riz, l’objectif de 1 600 000 tonnes de paddy a été atteint à hauteur de 63,2 %. En effet, la production a plus que doublé passant de 405 824 tonnes en 2011/2012 à 1 011 269 tonnes, soit un accroissement de 149 %. Aussi, la perspective d’atteinte de l’objectif d’autosuffisance en riz est en marche et va reposer sur le renforcement de l’équipement d’irrigation ainsi que du matériel agricole et des infrastructures de stockage.

Projet Phare « Plateformes industrielles intégrées »
L’ambition de ce projet phare est d’accélérer le développement industriel à travers l’implantation de trois plateformes industrielles intégrées avant 2020. À ce jour, la réalisation d’une première plateforme est engagée avec la construction du Parc Industriel Intégré de Diamniadio (PIID) sur une assiette foncière totale de 53 hectares pour un coût global de 80 milliards de FCFA. La première phase du PIID s’étend sur 13 ha pour un investissement de 25 milliards de FCFA, entièrement financé par l’État du Sénégal. Le parc est fonctionnel avec l’implantation de 6 sociétés industrielles et plusieurs fournisseurs de services qui ont réalisé des investissements d’un montant de 27,8 milliards de FCFA. En 2018, le nombre d’emplois créés dans le PIID est estimé à
1 108. La zone industrielle de Sandiara, sur 100 ha, constitue la deuxième zone industrielle lancée dans le cadre du PSE. Elle compte actuellement 5 entreprises qui emploient 1 000 personnes.

Projet phare « Dakar Campus Régional » (DCR)
L’ambition de ce projet phare est de faire de Dakar le centre d’enseignement supérieur de référence de la sous-région et de formation aux métiers dans les secteurs clés de l’économie. Dans ce cadre, un certain nombre d’initiatives sont déjà engagées, parmi lesquelles la construction de l’Université Amadou Makhtar Mbow et la réalisation du projet de la Cité du savoir à Diamniadio. Au-delà de ces initiatives publiques, la concrétisation des ambitions du projet phare requiert le concours du secteur privé, à travers la création d’écoles ou d’universités privées dispensant des formations d’excellence alignées sur les standards internationaux.

Projet phare « Plan de relance intégré de l’électricité »
Dans le cadre de la prise en charge de la question vitale de l’énergie, plusieurs centrales ont été implantées, réhabilitées et mises en service pour, d’une part, renforcer le mix énergétique et, d’autre part, insuffler une dynamique productive au niveau des territoires. Les années 2016 et 2017 ont vu la mise en service de puissances respectives de 270 MW et 205 MW avec la réalisation de centrales solaires de Mékhé (30 MW), de Merina Dakhar
(30 MW), de Kahone (20 MW), de Bokhol
(20 MW), de Malicounda (20 MW) et de centrale à charbon de Sendou (125 MW).
Ces mises en service de nouvelles capacités ont porté la puissance installée de la SENELEC à plus de 1 100 MW avec 19% d’énergies renouvelables. Avec une demande qui se situe autour de 610 MW, la SENELEC dispose de réserves suffisantes qui lui permettent de respecter son planning de maintenance et d’en céder une partie à nos voisins du Mali et de la Gambie.

Au-delà des besoins de gain d’efficience, d’innovation, de gestion optimale des risques et d’expertise dans la conduite des opérations pour développer et assurer des services d’infrastructures, le PPP est un moyen de mobilisation de financements privés pour les pouvoirs publics afin d’alléger les contraintes budgétaires immédiates de l’État. C’est dans ce cadre que des projets du PAP susceptibles d’être réalisés en PPP ont été identifiés et sélectionnés selon les critères ci-dessous

Ainsi, vingt (20) projets PPP (2 320 milliards de FCFA) ont été retenus, avec un financement public de 486 milliards de FCFA.
Ce volet PPP concerne les secteurs suivants :

    • Infrastructures et services de transports maritimes : le projet port de Ndayane
    • Energie : projet Scaling solar (phase 2) (centrale solaire) ; projet de stockage d’énergie extension soutien de fréquence SENELEC ; projet Solarys ; projet parc solaire OMVS stabilisé ; projet installation d’infrastructures de stockage pour les terminaux pétroliers et gaziers, projet de pipeline gaz
    • Agriculture : projet de mise en culture de terres agricoles de 12 000 ha dans le Médina Yéro Foula (agri-beta)
    • Industrie : pôle industriel de transformation des produits de la mer, projet d’infrastructures et services de base de trois agropoles, projet de pôle industriel de transformation des produits de la mer, projet de parc industriel intégré, projet de renforcement de la production locale d’huile d’arachide, projet de deuxième parc industriel
    • Urbanisme et Habitat : projet de Business Park, projet de développement urbain privé (Daga Kholpa)
    • Commerce : projet de développement des infrastructures commerciales
    • Administration publique : projet de création de centres de services partagés
    • Artisanat : projet de création de développement de l’artisanat
    • Eau potable et l’assainissement : projet de remise à niveau d’ouvrages hydrauliques de la zone nord



Energie
Facteur déterminant dans l’activité économique, le secteur de l’électricité doit être plus compétitif, à travers d’une part, la baisse du coût, et d’autre part, le renforcement de l’accès, notamment en milieu rural.

Dans le secteur du pétrole, l’accent sera mis sur la stratégie « gas-to-power ». Ainsi, plusieurs lois et réformes seront adoptées en vue de la mise en place d’un cadre légal et institutionnel favorable au développement du secteur gazier local. Ces réformes contribueront à améliorer l’attractivité du secteur, renforcer la régulation et assurer la transparence des activités mais aussi stimuler la concurrence au bénéfice des consommateurs.

Education et formation
Le système éducatif, un des canaux de transmission du développement des ressources humaines, mérite une attention particulière. Les réformes majeures de l’éducation et de la formation ont pour enjeux de bâtir une société plus ouverte, avec des ressources humaines capables de s’adapter à la mobilité professionnelle.

Le Programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence de l’éducation et de l’EFTP (PAQUET 2013-2025), succédant au précédent plan décennal de l’éducation et de la formation, a été conçu selon une approche sectorielle combinant la planification des investissements et les dépenses récurrentes, ainsi que des réformes politiques pour atteindre les objectifs de la politique d’éducation du gouvernement, notamment les objectifs de développe-ment durable (ODD) pertinents. Pour une amélioration sensible des performances du système éducatif, les priorités stratégiques pour la période 2019-2023 portent notamment sur l’amélioration de la qualité de l’éducation et de l’environnement scolaire.

Les options en matière de formation professionnelle reposeront sur la poursuite des réformes pour i) une meilleure valorisation des acquis de l’expérience ii) le renforcement de la formation duale école/entreprise, iii) le développement de formations certifiantes et continues.

SWOT PHASE II DU PLAN SÉNÉGAL EMERGENT-PSE

Analyse des risques
La mise en œuvre de la phase II du PSE se fera dans un contexte caractérisé par un certain nombre de risques pouvant compromettre l’atteinte des résultats souhaités.
Ces risques portent sur : (i) la faible mobilisation des ressources, (ii) la lenteur dans la mise en œuvre des réformes, (iii) la faible adhésion des acteurs, (iv) les aléas climatiques, (v) la menace sécuritaire, et (vi) la détérioration éventuelle de l’environnement international.

Faible mobilisation de ressources
La réussite de la stratégie de financement requiert un effort substantiel en termes de moyens financiers. A cet effet, une faible mobilisation des ressources intérieures, une faible contribution du secteur privé, notamment dans les projets de type PPP, et la faible absorption des ressources extérieures pourraient entraver la mise en œuvre des réformes, projets et programmes de la phase II du PSE. Pour atténuer ce risque, il convient d’élargir l’assiette fiscale, de poursuivre les avancées dans la mise en œuvre du cadre de partenariat public-privé, d’améliorer la qualité des dépenses publiques, de mieux orienter les transferts de la diaspora vers des projets structurants.

Lenteur dans la mise en œuvre des réformes
La réussite de la phase II du PSE est fortement tributaire d’une bonne mise en œuvre des réformes portant, notamment sur la gouvernance, la fiscalité, l’énergie, et le système éducatif. La lenteur dans l’exécution des réformes peut déteindre sur la matérialisation des effets souhaités de la politique économique, sociale et environnementale. Ainsi, la faible mobilisation des acteurs concernés ainsi que l’absence de moyens dédiés constitueraient des contraintes à l’adoption des réformes et par-delà rendraient les politiques publiques inefficaces. Ainsi, l’État devra veiller au respect des délais d’exécution des réformes et assurer les moyens financiers, matériels et humains nécessaires. Il s’agira en outre de renforcer le dispositif de suivi-évaluation.

Faible adhésion des acteurs
La réussite du PSE exige de fortes capacités d’impulsion de l’État et un leadership affirmé ainsi que des changements de comportements de la part des différents acteurs (consommateurs, producteurs, entrepreneurs, fonctionnaires, décideurs, acteurs et partenaires sociaux, etc.). L’implication de ces acteurs dans la construction du pays est essentielle voire indispensable pour une forte appropriation du PSE. Ainsi, pour le Plan Sénégal Emergent PAP 2019-2023 le gouvernement doit veiller au renforcement des capacités des acteurs notamment de la société civile, ainsi qu’au renforcement de la concertation avec le monde universitaire, les organisations de la société civile et du secteur privé, les élus etc., autrement dit avec tous les segments de la société sénégalaise.

Aléas climatique
Le réchauffement de la terre et les autres manifestations des effets du changement climatique tels que l’érosion côtière, la sécheresse, la fluctuation des températures, les aléas de la répartition spatio-temporelle des précipitations sont des réalités au Sénégal qui, de surcroît, fait face à de faibles capacités d’adaptation et d’atténuation. Les activités de pêche, d’agriculture et d’élevage, qui occupent une grande proportion de la population active, restent fortement vulnérables aux effets des variations climatiques. Il conviendra pour le Sénégal de renforcer les programmes d’adaptation et de résilience au changement climatique, de protéger la biodiversité et de mettre en place des plans de riposte aux catastrophes naturelles. Cela nécessite d’accroître le financement et de renforcer la mobilisation et l’adhésion des acteurs aux innovations et aux modes de production et de consommation durables.

La menace sécuritaire
Le développement économique et social soutenu et durable n’est possible que dans un environnement de paix, de stabilité et de sécurité. Le Sénégal est, à l’image d’autres pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, exposé à la menace terroriste. Ce phénomène peut mettre en péril la confiance des investisseurs et des populations mais aussi porter atteinte à la réussite des politiques publiques. Pour faire face à ce risque, il convient de renforcer les forces de défense et de sécurité en moyens matériels et humains, d’améliorer les dispositifs de renseignements, de renforcer la coopération militaire et sécuritaire avec les pays de la sous-région et ceux engagés dans la lutte contre le terrorisme.

Environnement international défavorable
Les risques liés à la conjoncture internationale (hausse des coûts des matières premières, flambée du prix du baril du pétrole) sont également des phénomènes à surveiller. Les tensions budgétaires dans les pays donateurs ainsi que la faiblesse des investissements directs étrangers, constituent des défis majeurs. Dans cette perspective, le Sénégal va opérer la diversification et la transformation des produits exportés.

Miser sur le numérique et le capital humain comme facteurs de développement
L’économie numérique, Sénégal 2025 l’objectif de 10 % du PIB et 35.000 emplois, est étroitement liée à l’économie de l’éducation, le système éducatif sénégalais a besoin d’être mis à jour. De nos jours, une emprise dans le monde du numérique est un facteur de développement et une source d’ouverture internationale. D’où la nécessité d’accepter l’existence et l’évolution de l’économie numérique, à une époque où la monnaie et les paiements électroniques prennent de plus en plus d’ampleur, et où l’intelligence artificielle et les innovations sont galopantes. Cette nouvelle forme d’économie est sur la voie de modifier, et même de faire disparaître certains emplois ; mais elle permettra aussi de donner naissance à d’autres, les emplois dits « de demain ».

Il est nécessaire de prendre pleinement conscience que la volonté seule ne suffit pas, et qu’il faut se donner les moyens nécessaires d’atteindre ses objectifs, parfois au prix de certains sacrifices. Nos dirigeants politiques devraient éviter les investissements non productifs et prendre en considération l’importance d’investir dans le capital humain (comme mentionné dans le rapport de la Banque mondiale, Projet sur le capital humain). Même si nous reconnaissons les efforts qui ont dernièrement été faits sur le plan du numérique, il reste encore beaucoup à faire pour endiguer les politiques à court terme malheureusement souvent adoptées, et qui ralentissent le processus de développement.

Soigner le système éducatif, diminuer la théorie, encourager l’adoption du numérique et avant tout, miser sur la rentabilité de l’investissement dans le capital humain, sont autant d’éléments qui permettront de stimuler le développement du continent. Pour nous préparer et nous adapter aux emplois de demain, nous devons combattre cette tendance au rejet de l’innovation et nous concentrer sur une bonne maîtrise du numérique. Il est temps pour le continent, et le Sénégal, de penser leader et d’agir comme tel.

PARTENAIRES AU DEVELOPPEMENT

La plupart des organismes bilatéraux et multilatéraux de développement sont présents au Sénégal. Des progrès ont été accomplis en vue d’harmoniser l’aide au développement, conformément aux principes formulés dans la Déclaration de Paris et dans le Programme d’action d’Accra.

Le Sénégal a tissé de bonnes relations de coopération avec les partenaires au développement, notamment la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, depuis 1979.

Les dix principaux partenaires financiers du Sénégal durant la période 2006-2012 dans les secteurs qui relèvent du Cadre Stratégique de la FAO sont, par ordre d’importance, les Etats Unis d’Amérique, la Banque Mondiale (IDA), la France, le Canada, le Japon, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie, la Belgique, le Fond International pour le Développement Agricole (FIDA). Les centres d’intérêts de ces principaux bailleurs de fonds sont : le développement agricole, les politiques environnementales et leur gestion administrative, les politiques agricoles et leur gestion administrative, les programmes de sécurité alimentaire, la recherche agricole, le développement rural et la nutrition.

L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et le Ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération, ont lancé officiellement, le
3 octobre 2019, le Cadre de Programmation par Pays (CPP) pour le Sénégal pour la période 2019-2023.

L’objectif de cet atelier de lancement, est de partager le CPP avec la partie nationale, les partenaires techniques et financiers et les agences du système des Nations Unies.

Fruit de concertations avec les institutions nationales, la société civile, le secteur privé, les communautés de base et les partenaires au développement, le CPP est structuré autour de trois domaines prioritaires :

    • Promotion d’un secteur agro-sylvo-pastoral, halieutique et aquacole durable, diversifié, compétitif, inclusif et porteur de croissance
    • Amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition et renforcement de la résilience des populations vulnérables
    • Gestion durable de l’environnement et des ressources naturelles

Ces domaines sont articulés autour des priorités de l’Agenda 2030 des Objectifs de Développement Durable (ODD), du Plan Sénégal Émergent (PSE), du Plan-cadre des Nations Unies pour l’Assistance au Développement (PNUAD) 2019 – 2023 et des Initiatives Régionales (RI) de la FAO.

La FAO travaille avec de nombreux partenaires institutionnels, gouvernementaux, d’organisations internationales et du secteur privé afin d’accompagner le gouvernement du Sénégal dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, l’éradication de la faim et de la malnutrition et l’amélioration de la capacité de résilience des populations.

Dans le plan stratégique 2017 – 2021, l’agenda de recherche de l’IPAR s’est enrichi de deux thématiques majeures intitulées « transformation structurelle de l’agriculture » et les objectifs de développement durable (ODD), aux côtés de celles qui ont constitué la référence de l’IPAR sur « Emploi des jeunes et migration », « Changement climatique » et la « gouvernance foncière ».

Le Sénégal importe près de 70 % de ses denrées alimentaires, et la faim existe, alors que 60 % de la population active travaille à la production de cultures vivrières. Sur les 3,8 millions d’hectares de terres arables, seulement 65 % sont cultivés et les terres irrigables ne sont utilisées qu’à 30 %. L’agriculture repose majoritairement sur de petites exploitations pratiquant une agriculture pluviale de subsistance.

    • La faiblesse de la productivité agricole est imputable aux causes suivantes :
    • une pluviométrie insuffisante ou irrégulière
    • la dégradation des sols
    • le manque de semences et d’engrais de bonne qualité
    • l’utilisation de techniques traditionnelles et le manque de services d’appui technique
    • la difficulté d’accès à des financements;
    • l’insuffisance d’infrastructures, qui limite l’accès aux marchés et à l’eau
    • un régime de droits de propriété foncière inadéquat
    • une mauvaise intégration dans des filières insuffisamment organisées et le sous-développement du secteur agroalimentaire.

Étant donné que les femmes produisent 80 % des denrées alimentaires du pays, leur autonomisation et le renforcement de leur productivité jouent un rôle critique dans le développement de l’agriculture et des zones rurales.

L’objectif général du Fonds international de Développement Agricole – FIDA pour la période 2019-2024 est de contribuer à l’élimination de la pauvreté (objectif de développement durable 1) au Sénégal au moyen d’une augmentation durable des revenus des producteurs familiaux pauvres et des jeunes « agripreneurs ». À cette fin, les trois objectifs stratégiques (OS) suivants ont été définis:

    • OS1 : La production, la productivité et la rentabilité des exploitations familiales sont durablement augmentées dans le cadre de filières modernisées
    • OS2 : Les capacités professionnelles des acteurs des filières, notamment les organisations paysannes et les micro- et petites entreprises rurales, sont renforcées
    • OS3 : Les partenariats dans le pays et la sous-région visant à reproduire des bonnes pratiques à plus grande échelle et à mettre en œuvre des politiques favorables aux pauvres dans les zones rurales sont renforcées.

Ces trois objectifs sont pleinement conformes à ceux établis par le Gouvernement dans le Plan Sénégal émergent (PSE) et le Programme d’Accélération de la Cadence de l’Agriculture Sénégalaise (PRACAS), phase II. La réalisation du premier objectif stratégique se traduira par des améliorations durables de la production et de la productivité, et par une augmentation notable de la valeur ajoutée des filières concernées. Il sera axé sur la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, principalement dans des activités liées à ces filières. La réalisation du deuxième objectif stratégique renforcera la capacité des organisations paysannes de proposer des services de qualité, ainsi que les capacités des professions interdisciplinaires. La réalisation du troisième objectif stratégique favorisera une concertation éclairée sur les politiques en vue d’une meilleure gestion des savoirs et des résultats issus des projets du FIDA. Elle facilitera également : i) la création de partenariats stratégiques avec des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations de la société civile ; ii) la reproduction à plus grande échelle d’initiatives de développement nationales et infranationales visant à moderniser l’agriculture familiale de sorte qu’elle soit attractive pour tous (nourrir et enrichir les producteurs, ainsi que l’ensemble du pays).

SYSTÈME DES NATIONS UNIES AU SÉNÉGAL

Il faut rappeler que la contribution du Système des Nations Unies, définie en étroite collaboration avec le Gouvernement, est adossée au Plan Sénégal Émergent et à l’Agenda 2030. Sur les trois priorités stratégiques que compte le Plan Cadre de coopération, à savoir la croissance économique inclusive et durable ; des services sociaux de base et une protection sociale de qualité ; ou encore gouvernance, paix et sécurité, des résultats encourageants ont été réalisés en 2019. Parmi ces progrès notables, quelques exemples peuvent être cités, notamment :

    • Une meilleure coordination des politiques sectorielles grâce aux actions conjointes du Système des Nations Unies, avec les partenaires bilatéraux, multilatéraux et le secteur privé.
    • Des résultats concrets aux niveaux Gouvernemental (niveau macro), des collectivités territoriales et des institutions intermédiaires (niveau meso) et des entreprises et de la société civile (niveau micro).
    • La mise à disposition de nouveaux matériels didactiques et de supports pédagogiques à 479 établissements et 12 103 apprenants, grâce à l’appui du SNU.
    • L’appui du SNU à l’expérimentation de nouvelles approches pour le renforcement des compétences des élèves (jeunes filles) sur l’entrepreneuriat et le digital (en parascolaire), ainsi que pour l’intégration de la gestion de l’hygiène menstruelle.
    • Les Nations Unies au Sénégal sont également en train de travailler à la formulation d’un modèle pour la promotion de l’enseignement bilingue à l’élémentaire.
    • Le pourcentage d’accouchements assistés par un prestataire qualifié (médecins, sages-femmes…) est passé de 68,4% en 2018 à 74,2 % en 2019, avec l’appui du SNU.
    • Le taux d’accès à l’assainissement (urbain, rural), notamment les toilettes améliorées est passé respectivement de 58 % et 40 % en 2017 à 63 % et 49 %…

Au-delà des bons résultats notés, les différentes parties prenantes se sont engagées à donner un coup d’accélérateur aux réalisations pour l’année 2020 ; année au demeurant très importante car marquant les 75 ans de l’ONU et le 60ème anniversaire de l’adhésion du Sénégal à l’Organisation des Nations Unies.

ENABEL

Le portefeuille sénégalo-belge 2019-2023 a pour but de contribuer au développement et à la stabilité économique, sociale et environnementale du Sénégal, et d’œuvrer activement pour l’égalité des droits et des chances de la population du Sine-Saloum. Le programme santé s’articule autour de 3 axes : amélioration de l’accès à l’information, la formation et l’éducation en matière de santé sexuelle et reproductive ; prévention des violences basées sur le genre et prise en charge des victimes, et offre de services de santé sexuelle et reproductive de qualité.

Entrepreneuriat
Enabel veut soutenir l’émergence d’une infrastructure agro-industrielle moderne, compétitive et durable dans le Sine Saloum, et renforcer le capital financier, technique, humain et social des petites et moyennes entreprises.

Renforcement des capacités
Enabel vise à renforcer les compétences numériques et en management du personnel. Les parties prenantes du programme peuvent ainsi s’approprier des outils numériques que les interventions mettront en place et assurer une gestion efficace des ressources. Financé par la Commission européenne, PARERBA (Projet d’Appui à la Réduction de l’Émigration Rurale et à la Réintégration dans le Bassin Arachidier) vise à créer et stabiliser des emplois ruraux et cible en priorité les jeunes et les migrants de retour au pays. Le projet est déployé à Fatick, Kaolack et Kaffrine, dans le sud du bassin arachidier, une région hautement stratégique puisqu’elle concentre près de 50 % de la population rurale du pays et plus de 25 % de l’émigration internationale sénégalaise.Le projet vise dans un premier temps à sécuriser l’accès à la terre des bénéficiaires. Un important travail de sensibilisation et de formation des producteurs sur l’enjeu des droits fonciers a ainsi été réalisé. En parallèle, des ateliers ont permis d’identifier des filières porteuses comme le piment et le poivron. Le projet organise et structure les bénéficiaires en groupements en vue d’une gestion collective des ressources. Des Champs Ecole Paysans (CEP) permettent quant à eux de promouvoir les bonnes pratiques agricoles. Depuis les techniques de pépinière à la plantation, les producteurs renforcent leurs capacités.

Partant du constat que la croissance du secteur agricole contribue 2 à 4 fois plus à la réduction de la pauvreté que la croissance dans d’autres secteurs, la stratégie de la coopération belge au développement est fondée sur le passage à un modèle d’agriculteurs de subsistance à un modèle d’agriculteurs entrepreneurs.

LA BANQUE AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT ET LE sénégal

La Banque Africaine de Développement (BAD) et le Sénégal ont une longue histoire de coopération, remontant à 1972. Depuis cette époque, la Banque a financé 66 projets nationaux dans plusieurs secteurs avec un investissement total d’environ 1,1 milliard de dollars, soit 532 milliards de CFA. La croissance estimée du PIB réel reste forte à 7,0 % en 2018, légèrement inférieure aux 7,2 % de 2017, avec une croissance du secteur primaire de 7,8 %, grâce à l’agriculture et aux activités connexes. Le secteur secondaire enregistre une croissance de 6,9 %, due principalement aux sous-secteurs des industries extractives, de l’agroalimentaire et du bâtiment. La croissance du secteur tertiaire atteint 6,7 %, particulièrement grâce à la vente au détail. Du côté de la demande, la croissance est tirée par la formation brute de capital fixe (9,5 %), la consommation intermédiaire (7,7 %) et la consommation finale (6,7 %). Les projets d’infrastructure représentent 39,4 % de l’investissement de la Banque dans ce pays, contre 21,3 % dans le secteur social et 18,7 % dans les projets ruraux. Dans le secteur privé, la BAD a financé quatre opérations pour un montant de 248 millions de dollars. Les deux nouveaux piliers sont : (i) soutien à la croissance inclusive par la diversification et l’intégration économique et (ii) gestion durable des ressources naturelles (y compris l’eau) et résilience. Dans ce cadre la BAD prévoit entre autres de financer un projet en faveur de la création d’emplois en faveur des jeunes et des femmes.

Investissements directs étrangers
Les IDE au Sénégal ont augmenté depuis 2006, mais leur poids dans l’économie res-te très modeste. Les flux d’IDE entrants se situent en moyenne à 2,8 % du PIB, sur la période 2014-2018, contre 2,2 % entre 2009 et 2013 (Banque Mondiale, 2017). Trois secteurs prioritaires du PSE, à savoir, l’industrie manufacturière, l’exploitation minière et l’immobilier attirent plus de 90 % des IDE.
A côté des partenaires traditionnels avec lesquels les échanges commerciaux sont plus intenses (France, Espagne, Belgique, Italie, Suède, Allemagne), les IDE commencent à se diversifier avec les flux en provenance des pays arabes (Emirats Arabes Unis), de la Malaisie, de la Chine et de pays africains (Mali, Maroc, Liban, Nigéria, etc.).

Les transferts des migrants faiblement orientés vers les investissements productifs
Les envois de fonds des migrants dépassent largement les IDE et représentent 14,13 % du PIB sur la période 2014-2017 contre 11,9 % entre 2009 et 2013 (Banque mondiale, 2017).

La structure d’affectation de ces ressources entre les grands postes de dépenses montre une utilisation prépondérante des transferts pour la satisfaction des besoins courants, soit 69,8 % (BCEAO, 2013)

LE GROUPE DE LA BANQUE MONDIALE AU SÉNÉGAL

Source : Statistiques de la Banque africaine de développement, les chiffres pour 2018 sont des estimations, et les chiffres pour 2019 et 2020 sont des projections.

Le portefeuille en cours de la Banque Mondiale regroupe, pour l’Association Internationale de Développement (IDA), 22 projets d’investissement nationaux, pour un montant total de 1,8 milliard de dollars, et neuf opérations régionales à hauteur de 332,55 millions de dollars. Du côté de la Société financière internationale (IFC), le portefeuille atteint actuellement 170 millions de dollars tandis que les engagements bruts de l’Agence Multilatérale de Garantie des investissements (MIGA) ressortent à 106,5 millions. Le Groupe de la Banque Mondiale a aidé le Sénégal à obtenir des résultats importants, notamment dans les secteurs suivants :

Gestion des eaux pluviales
Le projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique a permis de protéger les zones peuplées exposées au risque d’inondation. Environ 137 500 personnes en ont bénéficié directement (contre 90 000 ciblées initialement) et 571 hectares (pour 343 au départ) ont été protégés.

Eau et assainissement
Plusieurs projets se sont succédée dans ce secteur depuis une vingtaine d’années : le projet pour le secteur de l’eau, le projet d’approvisionnement en eau potable à long terme et le programme national d’eau potable et d’assainissement du millénaire, auxquels s’ajoute l’actuel projet d’approvisionnement en eau et d’assainissement en milieu urbain. Grâce à ces activités, 206 160 habitants des zones urbaines ont été raccordés au réseau d’adduction d’eau, 82 260 personnes supplémentaires ont désormais accès à des services d’assainissement améliorés et quelque 95 000 personnes supplémentaires bénéficiaient d’un meilleur accès à l’eau (selon des chiffres d’avril 2017). Dans les zones rurales, 172 370 personnes ont eu accès à l’eau potable, et 193 730 personnes supplémentaires à des services d’assainissement améliorés.

Agriculture
Le Programme de Productivité Agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), un programme régional couvrant 13 pays, a produit les résultats suivants au Sénégal : 423 000 producteurs et transformateurs agricoles, dont 38 % de femmes, ont pu tirer parti du développement, de la diffusion et de l’adoption de technologies agricoles améliorées entre 2012 et 2015. Le programme a soutenu la recherche agricole au service d’une agriculture climato-intelligente, contribuant à la mise au point de 14 nouvelles variétés de millet, de sorgho et de niébé à haut rendement, à maturation précoce et résistantes à la sécheresse. Il a permis de moderniser les équipements et installations du Centre national de spécialisation et d’améliorer ses ressources humaines ; il a également mis en place un important dispositif de bourses pour les jeunes chercheurs, qui a permis l’attribution de 170 bourses : 99 pour des doctorats et 71 pour des masters. L’objectif est de renforcer les carrières scientifiques, de combler la pénurie observée dans certains champs de la recherche et de remplacer les chercheurs partant à la retraite. Une plateforme en ligne a été créée afin d’améliorer la distribution des intrants subventionnés ; environ 800 000 agriculteurs y sont actuellement inscrits, sur un objectif d’un million.

Protection sociale
Grâce au projet de filets sociaux, le gouvernement du Sénégal a inscrit 442 019 ménages dans le Registre national unique (environ 30 % de la population), tandis que le Programme national de bourses de sécurité familiale a atteint son objectif final d’environ 300 000 ménages bénéficiaires (près de 20 % de la population). Le Conseil d’administration de la Banque Mondiale a approuvé en décembre 2019 un crédit de 180 millions de dollars de l’Association Internationale de Développement (IDA) pour, d’une part, soutenir les efforts du Sénégal visant à stimuler la compétitivité des secteurs de l’énergie et des technologies de l’information et de la communication (TIC) et, d’autre part, améliorer l’accès aux services pour les plus vulnérables. Le programme contribuera à réduire le coût de production de l’électricité, à améliorer les performances du service public d’électricité, à élargir la concurrence dans le secteur des TIC et à bâtir une économie numérique durable. L’Association Internationale de Développement (IDA) est l’institution de la Banque Mondiale qui aide les pays les plus pauvres de la planète. Fondée en 1960, elle accorde des dons et des prêts à faible taux d’intérêt ou sans intérêts en faveur de projets et de programmes de nature à stimuler la croissance économique, à réduire la pauvreté et à améliorer la vie des plus démunis. L’IDA figure parmi les principaux bailleurs de fonds des 76 pays les plus pauvres de la planète, dont 39 se trouvent en Afrique. Le temps de création des entreprises a été réduit (24 heures ouvrées en 2018, contre près de deux mois en 2007). Cette amélioration est due, notamment, à la dématérialisation des procédures. Les procédures de transfert de propriété ont été simplifiées et l’environnement institutionnel et juridique du partenariat public-privé (PPP) a été révisé. Toutefois, ces avancées notées dans l’environnement des affaires ne sont pas encore suffisamment suivies d’entrée conséquente d’investissements étrangers. En effet, au-delà de la complexité fiscale, d’autres contraintes sont associées à :

    • la persistance de la corruption
    • la complexité et la lourdeur des procédures administratives
    • un comportement citoyen inapproprié
    • la faible incitation à l’installation des entreprises en dehors de la région de Dakar
    • des lourdeurs dans les procédures de passation des marchés. À ces difficultés s’ajoutent la faible avancée dans la réforme foncière, la persistance des lenteurs dans la délivrance des documents officiels pour les entreprises (licence, permis), la fourniture de prestations (raccordements aux réseaux), etc.

Toutes ces contraintes constituent aussi des facteurs dissuadant les acteurs de l’informel à formaliser leurs structures.

EXPORTATIONS/IMPORTATIONS BELGIQUE-sénégal

Le fichier des exportateurs de l’Agence pour le Commerce Extérieur recense 1.093 entreprises belges exportant vers le Sénégal et 2.043 manifestant des signes d’intérêt pour ce marché, sur un total de plus de 24.000 sociétés. Les exportations européennes (UE-28) à destination du Sénégal se sont chiffrées à EUR 3.443,2 millions en 2018. La Belgique représentait 18,9 % de ces exportations et se classait 3ème pays européen exportateur de biens vers le Sénégal. Les ventes européennes à destination du Sénégal ont progressé de 17,2 % entre 2017 et 2018. Les exportations belges ont, quant à elles, bondi de 45,5 % au cours de la même période. Elle est don devenue un fournisseur européen relativement plus important du Sénégal.

Les importations européennes (UE-28) en provenance du Sénégal se sont chiffrées à EUR 556,7 millions en 2018. La Belgique représentait 13,5% de ces importations et se classait 4ème pays de l’UE. En 2018, en raison de la progression des ventes de produits minéraux, la Belgique a connu une hausse de ses importations en provenance du Sénégal, tandis que celles de l’Union Européenne diminuaient. Elle devient donc un client européen relativement important du Sénégal. Les importations belges ont bondi de 89,8% au cours de la période 2017-2018.

 

CONCLUSION

Sur le plan de l’intégration régionale, le Sénégal a été l’un des premiers à adopter et à mettre en œuvre le tarif extérieur commun de l’UEMOA, à signer l’accord de la zone de libre-échange continentale en Afrique et à mettre en œuvre des réformes de facilitation portuaire pour rendre le port de Dakar plus attrayant et plus sûr, en ratifiant et en mettant en œuvre des réglementations régionales adaptées. Le Sénégal a également construit des routes et des ponts afin d’assurer des liaisons avec la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali et la Mauritanie.

La croissance économique africaine devrait s’accélérer dans les années à venir pour atteindre 4 % en 2019, et 4,1 % en 2020. Le défi est donc double : améliorer la trajectoire actuelle de la croissance et la rendre plus créatrice d’emplois. Or, les économies africaines se sont désindustrialisées. Des changements structurels sont certes en cours mais au travers de la montée en puissance du secteur des services, qui se caractérise par l’informalité, sa faible productivité, et son incapacité à créer des emplois décents. Pour éviter le piège de l’informalité et le chômage chronique, l’Afrique doit s’industrialiser et créer de la valeur ajoutée pour ses abondantes ressources agricoles et minérales, et ses autres ressources naturelles.

Emploi, croissance, et dynamisme des entreprises
Création d’emplois dans les secteurs à plus forte productivité. La population africaine en âge de travailler devrait passer de 705 millions de personnes en 2018 à près d’un milliard d’ici 2030. Avec l’arrivée de millions de jeunes sur le marché du travail, la pression pour fournir des emplois décents va s’intensifier. Au rythme actuel de la croissance de la main-d’œuvre, l’Afrique doit créer chaque année environ 12 millions de nouveaux emplois pour contenir l’augmentation du chômage. Une croissance économique forte et durable est indispensable à la création d’emplois, même si cela n’est pas suffisant.

Les pays en développement ont, en moyenne, une proportion d’emploi informel plus élevée que les pays développés.

Créer des emplois de meilleure qualité et permettre le développement durable exige de diversifier les produits en développant un secteur manufacturier solide. C’est d’autant plus vrai en Afrique, où les épisodes d’accélération de la croissance portés par l’industrie ont généré plus d’emplois que ceux portés par les services ou l’agriculture et où une désindustrialisation prématurée annonce davantage de défis à relever à l’avenir.

La prospérité économique du Sénégal, de l’Afrique passe par l’intégration
Une Afrique sans frontières constitue le fondement d’un marché continental concurrentiel qui pourrait devenir un centre d’affaires sur le plan international. Elle permettrait une production agricole et industrielle par-delà des frontières nationales et offrirait donc des économies d’échelle aux investisseurs, tout en créant des marchés beaucoup plus vastes et en donnant de nouvelles opportunités aux petites et grandes entreprises. Une Afrique intégrée contribuerait à éliminer les situations de monopole tout en renforçant les retombées transfrontalières entre les pays côtiers et les pays enclavés. Bien plus encore, l’intégration régionale peut améliorer la sécurité régionale, car l’expansion du commerce international est souvent corrélée à un niveau de conflits réduit.

Réduire les coûts commerciaux pour accroître la participation aux chaînes d’approvisionnement commerciales L’un des objectifs immédiats de l’Accord de Libre-Échange Continental (ALEC) est d’accroître la participation aux chaînes d’approvisionnement transfrontalières en réduisant les coûts commerciaux par l’intégration régionale. Les pays africains participent peu aux chaînes d’approvisionnement du commerce mondial, si ce n’est dans les activités en amont en tant que fournisseurs de biens non transformés et de matières premières. La réduction des coûts commerciaux est essentielle à cet égard, car les marchandises traversent plusieurs fois les frontières. Pour développer les chaînes d’approvisionnement transfrontalières, il est essentiel d’améliorer la gestion douanière et d’adopter des règles d’origine simples et transparentes.

Pour les économies côtières telle que celle du Sénégal, il faudra adapter les stratégies et politiques d’intégration régionale aux besoins du pays :

    • Agrandir les installations portuaires, y compris les installations de stockage et d’administration des douanes, accroître l’efficacité des services maritimes et du chargement et déchargement des conteneurs. Le coût des installations portuaires africaines est de 40 % supérieur à la norme mondiale. À cela s’ajoutent de longs délais d’immobilisation des conteneurs, des retards dans les autorisations de mouvements des navires, des lenteurs dans le traitement des papiers administratifs, et un faible nombre de conteneurs par grue et par heure. En définitive, plus de 70 % des retards dans la livraison du fret proviennent de retards au niveau des ports.
    • Augmenter la vitesse et la fiabilité des réseaux ferroviaires et routiers en réduisant la congestion et les retards aux points de contrôle, et l’envoi à l’entretien des camions et du matériel roulant.
    • Exercer des pressions pour l’amélioration des conventions et instruments au-delà des négociations multilatérales, au point mort qui facilitent le commerce de transit.

Des 50 ans de coopération bilatérale entre le Royaume de Belgique et la République du Sénégal ; du Sénégal qui est le 6ème destinataire des exportations belges en Afrique Sub-Saharienne, des diverses ponctuelles missions économiques multisectorielles organisées : notre objectif commun est d’agir comme une force de proposition innovante, concrète et active, et partenaire du Sénégal. Et, ainsi promouvoir les partenariats entre le secteur public et les entreprises à capitaux nationaux en association ou en co-production avec les promoteurs belges qui mettront à profit leur savoir-faire et expérience dans les nombreux projets. Car, par sa vocation de créateur de richesses et pourvoyeur d’emplois, le secteur privé est un partenaire de choix pour les pouvoirs publics.