LE CERCLE ROYAL AFRICAIN ET DE L’OUTRE-MER : un cercle de convivialité en pleine évolution

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Le Cercle Royal Africain et de l’Outre-Mer, le plus ancien des cercles et associations issus de cette tranche d’histoire qui a conduit la Belgique en Afrique, à la fin du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, est né en 1890, voici bientôt 130 ans, de la volonté de quelques officiers de Léopold II, dont le célèbre général Thys (et bon nombre de militaires dont les noms émaillent les rues de la commune d’Etterbeek), qui s’étaient donné une mission d’information sur la création du tout nouvel Etat Indépendant du Congo et sur ses perspectives de devenir.

Mais dans leur esprit, le cercle, qui comptait 72 membres à sa création et s’appelait tout simplement à l’époque « Cercle Africain », se devait également de rassembler tous ceux qui, travaillant au Congo, pouvaient y trouver un point d’attache lors de leurs retrouvailles ou de leurs séjours occasionnels en Belgique. La condition essentielle pour y adhérer, à l’époque, était d’avoir séjourné au Congo.

Par la suite, le Cercle Africain ouvrit tout naturellement ses portes aux fonctionnaires de l’Etat Indépendant du Congo dans un premier temps, du Congo belge par la suite, aux chefs d’entreprises et aux professions libérales tant et si bien qu’à ses grandes heures, il alla jusqu’à compter 626 membres en 1938 et l’on peut affirmer que jusqu’à l’indépendance du Congo, en 1960, il fut un interlocuteur sur lequel il fallait compter en ce qui concerne la politique coloniale de la Belgique.

Depuis l’indépendance, et tout au long des 60 années qui se sont écoulées, le Cercle, devenu société royale en 1929, étendit son rayonnement, par-delà l’Afrique, à l’ensemble des pays d’Outre-Mer, ouvrant non seulement ses portes aux anciens d’Afrique mais également à tous ceux et celles qui ont travaillé ou vécu par-delà les mers.

Devenu aujourd’hui un cercle de convivialité, le Cercle Royal Africain et de l’Outre-Mer rassemble essentiellement des coloniaux ayant œuvré au Congo, au Rwanda et au Burundi mais aussi des représentants de la coopération belge post-coloniale (ingénieurs, juristes, médecins, professions libérales, chefs d’entreprises, militaires, scientifiques…) et des membres de la société académique.

Les membres du cercle sont, pour la plupart, des anciens d’Afrique, rentrés au pays. Toutefois, le CRAOM compte aujourd’hui un nombre croissant de membres plus jeunes, encore aux affaires, dont il espère qu’ils pourront lui donner un souffle nouveau.

Fort aujourd’hui de quelque 200 membres, le Cercle Royal Africain et de l’Outre-Mer les rassemble régulièrement, dans un hôtel du Sablon, autour de déjeuners-conférences mensuels, centrés sur la politique, l’histoire, l’économie, les finances ou l’écologie, auxquels ont pris part bon nombre d’orateurs prestigieux (la Princesse Esmeralda, Mark Eyskens, Herman De Croo, Didier Reynders… pour ne citer qu’eux) ainsi que deux déjeuners festifs, en hiver, autour de la célèbre moambe pleine de souvenirs, et en été, dans un cadre champêtre.

Sans oublier l’organisation de conférences-cocktails, en fin d’après-midi au Club Royal des Guides, axés sur l’histoire de l’Afrique ainsi que de voyages d’un jour, guidés par l’actualité culturelle, scientifique ou écologique.

A l’aube de 2020, le Cercle, qui compte déjà en ses rangs, depuis un quart de siècle, quelques membres africains (congolais pour la plupart), souhaite ouvrir davantage ses portes à la communauté africaine et envisage, dans un souci de respecter l’esprit de ses fondateurs, de faire se rencontrer les Africains d’Afrique et d’Europe dans l’espoir de les voir s’intéresser aux expériences de vie et aux opportunités professionnelles des uns et des autres.

Face aux grandes mutations des prochaines années, le Cercle Royal Africain et de l’Outre-Mer se penche activement sur la recherche de nouveaux chemins d’actions qui lui permettront d’entrer de plein pied dans le monde de demain.

Jean-Michel van Dievoet
Secrétaire général du CRAOM