shutterstock_132218177La mer est l’avenir de la Terre – Un message reçu cinq sur cinq au Luxembourg

Se lancer dans l’économie bleue est un choix atypique pour un pays enclavé, mais s’avère être dans le cas du Luxembourg une réussite de la politique de diversification. Le secteur maritime luxembourgeois s’articule en effet désormais autour de six pôles d’activité économique et de création de valeur que sont la logistique maritime, la prestation de services, la marine marchande, la sécurité et la sûreté maritimes, la construction navale et la recherche.

Commençons par logistique maritime qui est vitale pour le Grand-Duché de Luxembourg. Alors que 90% du commerce extérieur de l’Union européenne et 40% de son commerce intérieur transitent par la mer, il est inimaginable qu’un pays ne reste coupé de la mer, et ce même et surtout dans le cas d’un pays enclavé. Le Luxembourg a su se doter d’infrastructures performantes qui relativisent cet enclavement et facilitent l’acheminement de marchandises à partir des et vers les ports de la Mer du Nord, de la Hanse et de Méditerranée. Au premier rang de ces infrastructures, citons le port sec de conteneurs (Terminal de Bettembourg) et le port fluvial (Mertert).

La présence, au Luxembourg, d’armateurs et d’opérateurs de navires de haute mer permet au pays d’accéder aux diverses opportunités commerciales et financières offertes par les métiers maritimes. L’existence d’une marine marchande grand-ducale est un second facteur de désenclavement. Le registre maritime luxembourgeois, qui vient de souffler vingt-cinq bougies, compte 225 navires de commerce en février 2016 pour un volume de 2,8 millions de tonnes. Les armateurs, les compagnies maritimes et les sociétés de dragage ont jeté l’ancre à Luxembourg pour principalement deux raisons : l’existence d’un régime général favorable aux investisseurs et d’une administration maritime reconnue pour sa qualité et son professionnalisme. Notons aussi qu’un grand nombre de plateformes d’extraction offshore sont détenues à partir de sociétés luxembourgeoises.

La création d’un registre maritime au Grand-Duché en 1990 a entraîné dans le sillage des nombreux navires immatriculés une création d’activités économiques connexes dans les banques de la place, les cabinets d’avocats, les sociétés de conseil, les compagnies d’assurance. Elle a incité la place financière à développer des produits et services à destination des professionnels du secteur maritime. Le Luxembourg a ainsi abrité des fonds d’investissements dans l’économie bleue et offre des débouchés en matière de finance islamique. La diversité des 56 entreprises rassemblées dans le Cluster maritime luxembourgeois illustre parfaitement les nombreuses ramifications du secteur de la marine marchande dans les secteurs plus traditionnels du tissu économique du Grand-Duché.

L’expertise luxembourgeoise en matière de sécurité et de sûreté maritime est moins visible, même si la participation du pays aux opérations de lutte anti-piraterie dans la corne de l’Afrique n’a pas manqué d’attirer l’attention de la presse. Le savoir-faire en la matière, qui se concentre entre les mains de plusieurs entreprises au rayonnement mondial, permet d’assurer des missions de surveillance maritime, de lutte contre la piraterie, les trafics et la pollution, mais aussi de proposer des solutions de télécommunication pour assurer le suivi et le contact avec les navires de haute mer à partir de la terre ferme. Des formations sont également dispensées dans ce domaine par des sociétés luxembourgeoises.

Le secteur de la construction navale est également représenté au Grand-Duché. L’acier, matériau de construction par excellence des navires, est une longue tradition au Luxembourg. La société ArcelorMittal organise même le développement de ses affaires avec les chantiers navals à partir du Luxembourg. Le pays est également à la pointe de la recherche sur les nouveaux matériaux et propose en outre des équipements pour réduire l’impact environnemental des navires (retraitement des eaux, des fumées). Un chantier naval implante actuellement son centre d’achats au Grand-Duché et pourra ainsi puiser plus aisément dans l’offre locale.

Le Luxembourg abrite plusieurs centres de recherche ainsi que des entreprises à la pointe de l’innovation. Depuis quelques années, le pays voit émerger une expertise en matière de biologie marine. Cette évolution participe au rayonnement intellectuel et scientifique du Luxembourg, mais surtout à l’avancée de la recherche.

 

Le Cluster maritime luxembourgeois, une association au service de ce secteur émergent

Conscient de son importance et de ses retombées positives dans l’économie luxembourgeoise, le secteur maritime luxembourgeois a commencé à s’organiser et se structurer à partir de 2008. L’’association à but non lucratif Cluster maritime luxembourgeois est née de cette volonté de regroupement. Fort de ses 56 membres représentant tous les métiers maritimes, le Cluster maritime est la voix de l’économie luxembourgeoise dite « bleue ». Par ses actions, il promeut le secteur, solidarise ses acteurs et participe au renforcement de l’expertise locale. De plus, le Cluster maritime luxembourgeois assure la Vice-présidence et le Secrétariat général de l’European Network of Maritime Clusters (ENMC).

Informations sur l’association, ses membres et son activité : http://www.cluster-maritime.lu

 

Réalisations et projets du Cluster maritime au Cabo Verde

Depuis 2013 et avec le soutien indéfectible de l’Ambassade du Grand-Duché de Luxembourg au Cabo Verde, le Cluster maritime luxembourgeois a développé des liens renforcés avec l‘archipel et plus précisément son homologue, le Cluster Do Mar. Une quinzaine de rencontres ont fait germer l’idée d’une coopération plus poussée, idée qui s’est traduite en mars 2015 par la signature d’un protocole d’entente entre les deux clusters à l’occasion de la visite d’Etat de Son Altesse Royale le Grand-Duc.

Cette collaboration a culminé lors de la présence du Cluster maritime luxembourgeois et de sept de ses membres au salon EXPOMAR en novembre 2015, aux côtés de la Chambre de Commerce du Grand-Duché de Luxembourg et du Commissariat aux affaires maritimes. Début 2016, le Cluster maritime luxembourgeois a reçu Son Excellence le Premier Ministre José Maria Neves et Son Excellence Mme Leonesa Fortes, Ministre du Tourisme, de l’Investissement et du Développement des Entreprises, à l’occasion d’un séminaire sur les opportunités d’affaires au Cabo Verde. Cette série de rencontres a permis de voir aboutir ou d’avancer différents projets.

Les membres du Cluster maritime luxembourgeois explorent de nombreuses pistes au Cabo Verde. La société BIM achève par exemple de rédiger une étude sur le nouveau registre international de navires du Cabo Verde dont le but est d’en faire un registre de qualité et un vecteur de croissance économique, avec à la clé, la création d’emplois pour absorber les élèves de l’Ecole de la Mer de l’Université du Cabo Verde et la création d’activités économiques connexes (dans les ports, mais aussi chez les prestataires de services à l’exemple du Luxembourg). Un consortium franco-belgo-luxembourgeois a été présélectionné dans le cadre de l’appel d’offres international pour l’exploitation de la sous-concession du chantier naval de Mindelo (CABNAVE). La stratégie avancée vise à transformer CABNAVE en un véritable poumon économique pour les îles du nord de l’archipel. En matière de surveillance de la Zone Economique Exclusive du Cabo Verde, le Luxembourg a envoyé une série de propositions commerciales qui mises bout à bout permettraient une couverture complète de l’espace maritime grâce à la superposition de données océanographiques et satellitaires et l’adjonction de moyens de reconnaissance et d’observations sur zone grâce à des avions de surveillance ou à du matériel VMS. Des projets de retraitement des eaux, de dragage et de reconstitution des plages sont également à l’étude.

Alors que les relations entre les deux pays reposaient jusqu’à présent sur la culture et la coopération, celles-ci se sont donc enrichies d’une dimension commerciale. Les objectifs poursuivis par le Cluster maritime luxembourgeois s’inscrivent dans le long terme. L’association et ses membres croient au fort potentiel de l’archipel comme tête de pont en Afrique de l’Ouest (espace CEDEAO) et vers les pays lusophones. A ce titre une chargée de communication capverdienne (Mme Aleida Semedo) a été recrutée en janvier 2016 pour une période initiale de six mois afin d’aider l’association à développer des relations d’affaires de part et d’autre, écouter les besoins, proposer des solutions gagnant – gagnant et rechercher des solutions de financement.

 

Paul Marceul
Manager du Cluster maritime luxembourgeois