Togo : une mine d’opportunités d’affaires

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Depuis une dizaine d’années, les autorités togolaises nourrissent l’ambition légitime d’inscrire le Togo parmi les pays à revenu intermédiaire à l’horizon de 2030. Elles sont convaincues que le Togo dispose du potentiel nécessaire pour la réalisation de ce noble objectif et peut, par ailleurs, compter sur ses partenaires extérieurs dont la Belgique.

Le gouvernement a ainsi entrepris de vastes réformes pour le redressement des cadres macro-économiques et la mise en place d’un environnement favorable au développement du secteur privé, qui est le moteur essentiel de la croissance économique. Il encourage également les investissements étrangers en mettant en avant les atouts du Togo.

En effet, de par sa position géographique, le Togo se présente comme la porte d’entrée à un vaste marché de près de 360 millions de consommateurs, celui de l’Afrique de l’Ouest. Il est au carrefour des voies terrestres (situé sur le corridor Abidjan-Lagos), aériennes (un aéroport moderne assurant des vols réguliers vers toutes les destinations) et maritimes (le Port autonome de Lomé qui est le seul en eau profonde de l’Afrique de l’ouest et qui dispose aujourd’hui d’infrastructures modernes pouvant accueillir les navires de dernière génération et qui dessert bon nombre de pays ouest-africains). Ce positionnement géographique particulier, ajouté aux multiples opportunités dont il regorge, fait du Togo une destination de premier choix pour les investisseurs étrangers. Au nombre de ces opportunités figurent en bonne place les secteurs des infrastructures, des mines et énergie, de l’agrobusiness et de l’économie numérique.

L’agriculture et l’agro-industrie

L’agriculture est un secteur clé du tissu économique du Togo. Elle représente 38% du PIB et est un atout certain pour la production agricole, étant entendu que 37% de terres arables sont encore non exploitées. Le Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), lancé en 2010 par le gouvernement et largement soutenu par les partenaires au développement, a donné des résultats substantiels. Le secteur est en pleine modernisation et les besoins sont énormes en termes d’équipements agricoles et de développement d’une véritable chaine de valeur qui devrait renforcer la valeur ajoutée de l’agriculture. Dans sa politique de développement, le gouvernement met aussi l’accent sur la mise en place de micro- industries de transformation et de conservation de la production locale ainsi que le renforcement des circuits de distributions vers les autres pays de la sous- région et, éventuellement, vers d’autres marchés comme par exemple l’Europe.

Energie et électrification rurale

Sur le plan énergétique, le principal défi du Togo consiste à assurer, de manière stable, à la fois un meilleur accès de tous à l’énergie et une autonomie nationale substantielle d’approvisionnement, à coût raisonnable, tout en diversifiant les sources d’énergie, notamment les énergies propres et renouvelables. C’est dans cette perspective que le gouvernement a lancé récemment le Plan d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC) dont l’un des points essentiels est l’électrification rurale. Comme on peut le constater, la demande est forte, d’autant plus que le taux national d’électrification est seulement de 23%, ce qui laisse entrevoir d’énormes possibilités d’investissement pour les entreprises belges dont l’expertise en la matière n’est plus à démontrer.

Les mines

Le Togo regorge d’énormes potentialités minérales répertoriées en termes d’indices et de quantifications dont certaines ne sont pas encore exploitées. Le pays dispose en effet de phosphate, de fer, de manganèse, de bauxite, de chromite, de nickel, de clinker, de marbre, etc. L’adoption d’un nouveau code minier plus incitatif et de la politique nationale des mines est la preuve de l’engagement des autorités de faire des mines l’un des secteurs clés de la relance économique nationale.

Les infrastructures

Depuis 2010, le Togo s’est engagé dans un vaste plan de reconstruction de son réseau routier. Les principaux axes routiers de transport de marchandises du Port autonome de Lomé vers les autres pays de la sous-région sont réhabilités rendant le port beaucoup plus attractif. Les routes nationales sont également en cours de rénovation.

Le port de Lomé affiche une nouvelle dynamique depuis la fin des importants travaux d’extension et de rénovation qui y ont été effectués.

Par ailleurs, le projet de construction d’une ligne de chemin de fer traversant tout le pays de Lomé à Sinkassé au nord, sur financement public-privé, constitue l’un des piliers de la stratégie de développement par corridor adopté par le gouvernement.

L’économie numérique

La vision du Togo est de faciliter l’accès des TIC aux citoyens et faire du Togo une vitrine dans la sous-région pour ce qui est de l’économie numérique. Pour atteindre cette vision, le gouvernement a retenu quatre axes : l’amélioration du cadre réglementaire afin d’attirer plus d’investissements, la redynamisation du marché afin de favoriser l’offre de services de qualité à des prix abordables, le renforcement des infrastructures pour couvrir l’ensemble du territoire, une forte pénétration des TIC à tous les niveaux de la vie socio-économique. Sur ce point, le gouvernement a entrepris de doter toutes les universités du Togo de l’accès à l’internet. Le projet de E-administration devra également permettre de connecter plus de 500 bâtiments administratifs par fibre optique.

Au Togo, on voit se développer à une vitesse exponentielle les moyens de payement numérique et par téléphone. Les jeunes révèlent de plus en plus leurs talents dans le développement d’applications qui correspondent aux problèmes des populations. Par ailleurs, dans le but de démocratiser l’accès de toutes les populations aux TIC, le gouvernement a défiscalisé l’importation des équipements informatiques.

Pour conclure, il n’est pas inutile de rappeler que le Togo est caractérisé dans la sous-région par la paix, la stabilité et l’existence de moyens juridiques de protection des investisseurs étrangers (la Court d’Arbitrage du Togo (CATO), la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (Cour OHADA), la Cour d’Arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale, etc. ce qui est de nature à rassurer.

 

Tout en vous souhaitant bonne lecture, je voudrais vous dire que les ingrédients sont réunis pour que la Belgique et le Togo écrivent une nouvelle page de leur coopération économique et commerciale.

S.E.M. M’BEOU Kokou Nayo,

Ambassadeur du Togo auprès des pays du Benelux, du Vatican et auprès de l’Union européenne.