EDITO Juin 2020

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A la veille du 60ème anniversaire de son indépendance, la RDC traverse une importante crise institutionnelle, traduisant de profondes divergences au sein de la coalition CASH au pouvoir et de vives tensions avec la coalition FCC du Président sortant, majoritaire au Parlement et au Sénat ainsi que dans les gouvernements provinciaux.

L’Exécutif est également fragilisé par plusieurs scandales de corruption, impliquant notamment le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat et plusieurs responsables d’entreprises publiques, pour lesquels la justice a été saisie.

Les finances publiques sont directement impactées par la baisse des cours des matières premières et par le ralentissement de l’économie mondiale dû à la pandémie du Covid-19.

A Kinshasa, mégapole de plus de 12 millions d’habitants dont une grande partie survit grâce à des emplois précaires dans le secteur informel, des mesures de quarantaine et de confinement ont été appliquées sur la commune de Gombe qui abrite le centre des affaires et la plupart des administrations.

Il est à craindre que si la situation perdure sans mesures d’accompagnement, le remède se révèle plus redoutable que le mal et plonge une grande partie des congolais dans encore plus de pauvreté.

En effet, ce virus a brutalement bouleversé nos vies depuis plusieurs mois.

Tout ce qui était normal ne l’est soudainement plus. Les vols aériens commerciaux sont arrêtés sur l’essentiel de la planète. Aller travailler, se promener, faire ses courses, aller à l’école, embrasser ses proches, ses amis est interdit, car considéré comme dangereux dans de nombreux pays.

Nous sommes devenus spectateurs incrédules et impuissants du décompte morbide et anxiogène qui a envahi tous les médias. La confusion est d’autant plus importante qu’elle est alimentée par des informations contradictoires, des fake news, des rumeurs, des théories du complot et de propagandes circulant sur les réseaux sociaux.

Le pire était redouté pour le continent africain, notamment en raison de la faiblesse de son système de santé. La jeunesse de sa population semble heureusement apparaître comme un atout majeur contre ce virus dont une caractéristique est sa létalité chez les personnes âgées.

La RDC compte à la mi-juin 130 décès imputés au Covid-19.

Une énergie formidable est déployée dans de nombreux laboratoires dans le monde pour trouver un vaccin contre ce virus. Des moyens financiers colossaux sont mis en œuvre pour le combattre mais ne serait-il pas tout aussi nécessaire de lutter, par un changement radical de nos modes de vie, contre les raisons qui rendent ce virus si dangereux : l’hypertension, le diabète et l’obésité ?

Ne devrions-nous pas réagir avec autant d’énergie collective au risque d’effondrement écologique et de la mort de faim de millions d’enfants, chaque année ?

Ne devrions-nous pas être aussi entreprenants et volontaires pour lutter, par exemple, contre le virus de la rougeole avec plus de 6.000 décès qui lui sont associés en RDC l’année dernière et cela dans un silence assourdissant ? Cette maladie, qui peut pourtant être combattue par un vaccin sûr et efficace a tué plus de 140.000 personnes dans le monde en 2019, principalement des bébés et de jeunes enfants…