INTERVIEW DE S.E. THÉRENCE NTAHIRAJA, AMBASSADEUR DU BURUNDI À BRUXELLES

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Quelle est votre analyse de la situation économique actuelle au Burundi et quel facteur contribue à sa croissance ?

J’ai l’honneur de porter à la connaissance de la communauté internationale que la situation économique au Burundi est caractérisée par la reprise de la relance des activités économiques après la levée en février 2022, des sanctions économiques qui pesaient sur le pays et cela avec effet immédiat. Comme vous le savez, Madame la journaliste, depuis le 16 mars 2016, l’Union Européenne avait pris des sanctions contre le Burundi, parce qu’il y avait une incompréhension avec la candidature du Président NKURUNZIZA. Après cette période de mésentente, le Gouvernement burundais a amorcé un dialogue avec la délégation de l’UE à Bujumbura et, à Bruxelles , nous avons régulièrement fait  des échanges avec l’UE qui ont abouti à un consensus constructif. Finalement, ce dialogue politique et les échanges réguliers sur la situation au Burundi ont abouti à la  levée des sanctions économiques qui pesaient sur le Burundi. Signalons que les mesures prises par le Chef de l’Etat Burundais S.E Evariste NDAYISHIMIYE en matière de bonne gouvernance et de diplomatie ont beaucoup contribué à la levée de ces sanctions.

Pour répondre à votre question, les facteurs qui contribuent principalement au développement économique du Burundi sont notamment : l’agriculture ; l’élevage et les investissements dans le secteur privé comme l’énergie et le secteur minier par exemple.

Pouvez-vous nous parler des grands projets d’infrastructures en développement au Burundi et en quoi ils contribuent au progrès économique du pays ?

Le transport des biens, des services et des personnes est l’un des facteurs importants pour le développement d’un pays. Je commencerai par la construction de routes et d’infrastructures routières qui facilitent les échanges commerciaux entre les différentes provinces de notre territoire et pourquoi pas avec les pays limitrophes du Burundi. Il y a également un projet de construction d’un chemin de fer qui va relier trois pays : la Tanzanie, le Burundi et la République du Congo. Les travaux de ce chemin de fer vont d’ailleurs bientôt commencer. C’est vraiment une infrastructure qui sera très importante non seulement pour la sous-région de Communauté  Est-Africaine, mais aussi, pour l’Afrique en général, surtout que le Burundi est un pays situé au centre de l’Afrique. On le surnomme d’ailleurs : « le Cœur de l’Afrique ». N’oublions pas la construction des barrages hydrauliques et hydroélectriques qui sont presque terminés.

Dans quels secteurs ou domaines recommanderiez-vous particulièrement aux investisseurs belges de se lancer au Burundi ?

Je vais vous présenter les différents domaines dans lesquels je recommande aux investisseurs étrangers de s’intéresser : Le Burundi est un pays vivant principalement de l’agriculture et de l’élevage.  Cependant, ce domaine n’est pas encore assez développé au niveau technologique. De plus, nous cherchons des investisseurs dans le domaine de l’énergie dans la mesure où sans énergie suffisante, le secteur industriel ne peut pas se développer convenablement.
Il y a également le domaine de la santé qui nécessite les technologies médicales modernes. Je dirai même : pourquoi ne pas devenir un pays avancé dans le milieu médical pour attirer les citoyens des pays d’Afrique à venir se faire soigner au Burundi chaque fois de besoin ?

Le tourisme est également un secteur important auquel les investisseurs étrangers devraient s’intéresser. Nous avons beaucoup de lieux touristiques très intéressants. Nous avons d’excellentes es sources d’eaux potables ainsi que des pyramides à la source la plus méridionale du Fleuve Nil qui arrive en Egypte. Nous avons des musées et des eaux thermales réputées pour leurs vertus médicinaux.
De plus nous sommes situé dans la région des grands lacs.

Le sol du Burundi regorge également de minerais, nous cherchons donc un moyen plus industriel d’extraire les dits minerais. Nous nous intéressons aussi au transfert des technologies modernes vers le Burundi.

Quelles mesures sont prises au Burundi pour séduire les investisseurs belges et étrangers ?

Le Gouvernement burundais a mis en place une politique de commerce très intéressante pour séduire et faciliter tout investisseur qui vient au Burundi. Je peux vous en citer quelques-unes : le projet de digitalisation des services de l’Etat afin de promouvoir la transparence de la gestion financière et ainsi lutter contre la fraude, tous les ministères ont l’obligation de se soumettre au programme informatique. Ce projet sera mis en place d’ici 2025.

La deuxième décision qui a été prise est la libéralisation des marchés, en permettant aux investisseurs de pouvoir ouvrir un compte dans une banque commerciale et pas nécessairement à la Banque Centrale.

La troisième décision a été prise par le Gouvernement est celle d’accorder des avantages fiscaux aux investisseurs qui viennent construire des infrastructures privées et publiques. Il y a également eu une réforme sur la loi de l’énergie qui permet actuellement aux investisseurs du secteur privé d’investir dans ce domaine et de vendre de l’énergie qu’ils produisent. Le secteur de l’énergie a été donc libéralisé.

Le Gouvernement burundais a également mis en place une nouvelle vision pour le développement qui est : « Burundi, Pays émergent en 2040 et Pays développé en 2060 ». Le Plan National de Développement du Burundi « PNDB 2018-2027 » qui existait, est en train d’est adapté à cette vision globale du Pays et aux réalités actuelles. Voilà donc un petit avant-goût de ce qui a été mis en place pour motiver les potentiels investisseurs étrangers à venir s’établir au Burundi.

Quelles approches le Burundi adopte-t-il pour faire face aux défis économiques et quelles stratégies sont mises en œuvre pour les résoudre ?

Il y a beaucoup de choses à dire ! Chez nous, tout est mis en place pour faire face aux différents défis économiques que l’on connaît. Le gouvernement burundais a adopté une approche qui consiste à appliquer la transparence et l’efficacité dans les services publiques. Chaque membre du personnel doit exécuter un programme de performances, dans lequel se trouve tout ce qu’il doit faire et qui est bien défini. Cela permet aux responsables d’évaluer chaque personne en fonction des objectifs atteints. C’est une approche importante qui permettra de mettre les employés  au travail et de s’assurer qu’il n’y a pas de maquignonnage.

Le gouvernement burundais a également mis en avant la promotion du secteur privé. Cela permet au pays de se développer, d’augmenter sa production annuelle et ainsi d’atteindre les objectifs de de sa vision « Pays émergent en 2040 et Pays développé en 2060 ».

Quel message souhaiteriez-vous transmettre à nos membres ?

Dans un monde économique en évolution constante, le Burundi émerge comme une destination prometteuse pour les investissements en Afrique de l’Est. Avec sa position stratégique au Cœur de la région des grands lacs africaines ainsi qu’une série de réformes favorables à l’investissement, le Burundi offre un environnement propice aux investisseurs cherchant à capitaliser sur les opportunités émergeantes dans divers secteurs. Son paysage économique et les perspectives d’investissement au Burundi permettent aux potentiels investisseurs de prendre des décisions éclairées et stratégiques par des dynamiques en évolution dans cette économie en pleine expansion vis à vis de la vision gouvernementale : Burundi pays émergeant en 2040, pays développé en 2060.