La République Démocratique du Congo : aperçu économique

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La République démocratique du Congo (RDC), d’une superficie équivalente à celle de l’Europe occidentale, est le plus grand pays d’Afrique subsaharienne (ASS). La RDC est dotée de ressources naturelles exceptionnelles, notamment de minerais tels que le cobalt et le cuivre, d’un potentiel hydroélectrique, d’importantes terres arables, d’une immense biodiversité et de la deuxième plus grande forêt tropicale du monde.

La croissance économique s’est accélérée pour atteindre 8,6 % en 2022, conservant la forte dynamique de 2021 (6,2 %). Les investissements et les exportations du secteur minier restent les principaux moteurs de la croissance, en raison de l’expansion des capacités et de la reprise de la demande mondiale. Toutefois, la croissance dans les secteurs non miniers (en particulier les services) a été modeste, ralentissant à 3,0 % en 2022, contre 4,5 % en 2021. L’augmentation des recettes d’exportation n’a pas pu compenser la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, ce qui a entraîné un creusement du déficit de la balance courante, estimé à 2,9 % du PIB en 2022 (contre -1,0 % en 2021). Néanmoins, les investissements directs étrangers (IDE) et les financements extérieurs ont contribué à la constitution de réserves, atteignant 7,9 semaines d’importations en 2022, contre 5,4 semaines un an plus tôt, et limitant les fluctuations excessives du taux de change. La hausse des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires due à la guerre en cours en Ukraine a exercé des pressions à la hausse sur l’inflation intérieure, faisant passer le taux d’inflation moyen de 9,1 % en 2021 à 9,2 % en 2022.

 

« L’inflation a été maintenue à 13 % en 2022, juste en dessous de la moyenne subsaharienne de 14 % »

Nicolas Kazadi, Ministre des Finances

 

Les recettes intérieures ont culminé à 15,6 % du PIB en 2022, en raison des prix favorables des matières premières et de la numérisation du processus de collecte des recettes, tandis que les dépenses (19,7 % du PIB) ont augmenté en raison de dépenses de sécurité exceptionnelles et de remboursements d‘arriérés, ainsi que d‘ajustements salariaux et de subventions aux carburants. Les perspectives à moyen terme pour la RDC sont favorables avec une croissance estimée à 7,5 % d‘ici 2025. Cependant, l‘économie de la RDC reste vulnérable aux fluctuations des prix des matières premières et aux performances de croissance des principaux partenaires commerciaux, qui pourraient être perturbées par des conflits géopolitiques. Les conséquences économiques continues de la guerre en Ukraine, à travers l‘augmentation des coûts alimentaires mondiaux et des prix du pétrole, pourraient exercer une pression plus forte sur le déficit budgétaire, l‘inflation et la consommation des ménages, exacerbant ainsi la pauvreté et l‘inégalité.

Compte tenu des conflits persistants dans l‘Est, le défi immédiat de la RDC est de renforcer la sécurité et de maintenir la stabilité politique et macroéconomique tout en accélérant les réformes en cours pour assurer une croissance durable.