Nos membres en R.D.C. : Interview de Marc Blampain de Remant Africa Logistics

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1. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? 

J’ai commencé à travailler dans le secteur de la logistique en République Démocratique du Congo en 2012, après une reconversion professionnelle faisant suite à ma carrière au sein du Ministère de la Défense belge. En faisant ce choix, j’ai décidé d’opter pour une carrière civile, et ce dans un pays que je connaissais déjà grâce à plusieurs missions pour La Défense et l’Union Européenne, notamment à Goma, et qui m’ont donné « le goût de l’Afrique ». 

Depuis, j’ai principalement travaillé à Kinshasa, Bukavu et Matadi, mais également à Bruxelles et Anvers, où je suis implanté maintenant et d’où je fais des allers-retours vers l’Afrique subsaharienne et la Belgique, occupant la fonction de Sales & Field Operations Manager. 

2. En quoi consiste le poste de Sales & Field Operations Manager ? 

Je porte en fait deux casquettes pour Remant Africa Logistics, une des 7 sociétés du groupe Remant, active dans la logistique depuis 1981. 

D’une part, j’ai une caquette commerciale et je suis en recherche constante de clients, en Europe essentiellement, à qui je peux offrir des solutions transports pour leurs envois vers l’Afrique. Je contacte également mes connaissances en Afrique, et particulièrement en RDC, afin d’identifier leurs fournisseurs en Europe et contacter ces derniers afin de leur proposer nos solutions logistiques.

J’ai d’autre part une fonction opérationnelle également. La stratégie du groupe étant de travailler avec un réseau de partenaires locaux dans chaque pays d’Afrique, il est régulièrement fréquent de devoir se déplacer afin de coordonner certaines opérations sur le terrain. Et c’est dans ce cadre que sinscrit mon travail. 

A titre d’exemple, je viens de faire des allers-retours fréquents entre la Belgique et le Bénin  pendant environ 3 mois en début de cette année car Remant Africa Logistics avait été choisi pour l’envoi d’un hôpital modulaire vers l’est du Mali via le port de Cotonou.

3. Que retenez-vous de vos expériences (en tant qu’expatrié belge actif) des relations économiques entre la RDC et la Belgique ? 

En tant que représentant d’une société résolument tournée vers l’International, je ne pourrai jamais assez souligner l’importance des chambres de commerce. La CBL ACP, dont REMANT AFRICA LOGISTICS fait partie depuis de nombreuses années, est un formidable terreau pour les relations d’affaires qui peuvent naître entre les entreprises belges d’une part et les entreprises des pays ACP d’autre part. Et cette Chambre me donne également la possibilité de revoir de nombreux amis rencontrés en RDC lorsqu’ils sont de passage en Belgique.

D’ailleurs, lorsque j’étais implanté à Kinshasa, j’ai eu l’occasion de faire partie d’une autre Chambre de Commerce, la CCBCL (Chambre de Commerce belgo-congolaise-luxemboourgoise), d’en devenir administrateur et même de lancer, en 2018, avec quatre autres personnes, une activité devenue désormais célèbre : la semaine belge de Kinshasa. 

Cette activité a lieu chaque année aux environs du mois de mars, dure 5 jours et est en réalité une semaine « belgo-congolaise » car ses objectifs principaux sont de mettre en avant le trait d’union entre Belges et Congolais et de développer les synergies entre entreprises belges et entreprises congolaises.

4. Un mot pour nos lecteurs, pour ceux qui désirent investir outre-mer et qui ne sont pas encore sûrs de pouvoir se lancer ?  

Je dirais que, pour moi, l’Afrique c’est l’avenir. 

En premier point, je dirais qu’il y a énormément de ressources qui peuvent être exploitées, et ce dans une relation gagnant-gagnant. Est-ce que j’encouragerais une société à chercher des débouchés en Afrique ? Oui, absolument. Maintenant, ce n’est pas nécessairement facile. La clé, c’est de ne pas foncer tête baissée car, bien que le continent offre de nombreux débouchés, tout ne se passe pas toujours comme nous pouvons l’imaginer…

Il faut avoir une bonne connaissance du pays, du terrain et il faut accepter de se faire conseiller et orienter par des experts sur place. C’est d’ailleurs dans ce cadre que les chambres de commerce sont particulièrement importantes. 

Elles peuvent par exemple vous aider à lancer votre entreprise en vous mettant en contact avec les bonnes personnes. Car lorsqu’on est pas ou mal conseillé, la belle aventure peut très vite se transformer en cauchemar.

Un deuxième point, lié à ce qui est mentionné ci-dessus, est l’importance de se construire un réseau. En RDC, comme un peu partout en Afrique, le contact humain est prépondérant, et ce qui est en général réglé en Europe par email ou par courriel, l’est bien souvent en « face-à-face » en Afrique. 

L’Afrique est selon moi le continent où le contact humain est sans conteste resté le plus important mais est-ce vraiment une mauvaise chose ?

Cela signifie par contre qu’il faut parfois attendre que ce contact se construise et qu’il faut par contre être plus patient.