Avant-propos: Le Maroc fait preuve de résilience

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Avant –Propos de S.E.M. Mohammed Ameur

Ambassadeur du Royaume du Maroc auprès de la Belgique.

 

Dans un contexte de ralentissement économique mondial, l’économie du Maroc fait preuve de résilience, grâce notamment à son ouverture aux marchés régional et mondial et à l’élaboration de stratégies publiques multisectorielles.

Fort d’atouts indéniables, dont un positionnement géostratégique, une stabilité politique favorable et un dynamisme au niveau des réformes institutionnelles et sociales, le Royaume du Maroc a su consolider son attractivité économique au niveau régional et international.

Le Maroc s’est mobilisé en faveur de cette attractivité à travers la stratégie économique développée sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui ambitionne d’ériger le Royaume en un véritable hub africain, grâce à des projets à fort potentiel de développement.

Première destination des capital-investissements en Afrique du Nord, premier investisseur en Afrique de l’Ouest, et second au niveau du continent africain, avec plus de la moitié des USD 1,7 milliards drainés dans la région ces cinq dernières années, le Royaume du Maroc se place au 68ème rang du classement Doing Business pour l’année 2017, avec des IDE de USD 2,1 milliards en 2016.

Au niveau des infrastructures, plusieurs grands projets structurants ont été lancés, notamment le cas du complexe portuaire Port Tanger Med I et II, dont les performances ont hissé le Maroc à la 16e  place du classement mondial de connectivité maritime établi par la Cnuced. La réussite de ce complexe industrialo-portuaire intégré est le fruit de la vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, pour faire de Tanger Med un hub portuaire, logistique, industriel et commercial de dimension internationale. Aussi, le TGV Casablanca-Rabat-Tanger, en cours de réalisation, sera à sa mise en service le premier TGV de tout le continent africain répondant aux standards européens.

Un autre secteur phare auquel le Royaume du Maroc accorde une importance particulière est le secteur des énergies renouvelables. Avec des ressources solaires abondantes et une position stratégique au cœur d’un carrefour énergétique, le Maroc offre, en effet, plusieurs opportunités d’investissements dans le secteur d’énergie solaire thermique et photovoltaïque.

La COP 22 qui s’est tenue en novembre 2016 au Maroc a été l’occasion pour les pays  ayant participé à la Convention de voir de près les investissements du Royaume dans le secteur des énergies renouvelables. En effet, ces énergies représentent près de 34% du système électrique national, et devrait évoluer pour atteindre 43% en 2020, puis 47% en 2025 avant d’atteindre 52% en 2030, grâce notamment à la centrale solaire Noor qui sera la plus grande du monde.

Un autre grand projet, le plan Maroc vert (PMV), qui n’est pas des moindres, est le gage pour l’émergence d’une solide économie verte ayant pour finalité la mise en valeur de l’ensemble du potentiel agricole territorial. Le PMV contribuera au PIB à hauteur de USD 17,2 milliards, à créer 1 150 000 emplois à l’horizon 2020 et à tripler le revenu de près de 3.000.000 de personnes du monde rural.

Sur le plan financier, la création de Casablanca Financial City (CFC) qui s’impose peu à peu comme la capitale financière de l’Afrique, devançant depuis 2016 Johannesburg au classement Global Financial Centre Index (GFCI), offre une fiscalité très avantageuse pour les investisseurs étrangers désireux de s’implanter en Afrique.

De tout temps, le Maroc a eu des liens étroits et profonds avec les pays du Sud, notamment ceux d’Afrique subsaharienne. Fier de ses affluents africain et méditerranéen, le Maroc a toujours inscrit dans sa constitution l’engagement solennel de consolider les relations de coopération et de solidarité avec les peuples et les pays d’Afrique.

Au gré de son ouverture sur le monde, le Maroc a établi des relations de coopération avec les pays du Continent dans des secteurs clés, tels que le commerce, la pêche, le transport, l’agriculture, la formation et la santé.

Depuis 1983, le Maroc a renforcé sa place sur le Continent, en plaçant la coopération Sud-Sud au cœur de sa politique étrangère et en entretenant des relations politiques exemplaires avec l’ensemble des pays africains, notamment, avec les moins avancés d’entre eux.

L’engagement du Maroc en faveur de la coopération Sud-Sud, exprimé au sommet de l’Etat, est traduit par les actions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, depuis son intronisation, pour plaider une solidarité agissante en faveur de l’Afrique subsaharienne.

Sa détermination de poursuivre avec la même persévérance son plaidoyer en faveur d’une Afrique moins vulnérable, l’a conduit à réintégrer en 2017 sa famille institutionnelle, l’Union Africaine (UA).

A cet égard, tous les observateurs s’accordent sur le fait que cette réintégration insufflera un nouvel élan à l’UA pour en faire un espace de progrès, de stabilité et de prospérité, et une puissance stratégique de négociation et d’action commune, que ce soit dans son entourage euro-méditerranéen ou dans ses relations avec les blocs régionaux et internationaux.

La vision du Maroc ne se résout pas, uniquement, à drainer des investissements, mais plutôt à développer son marché national et initier des projets qui peuvent être profitables à toute la région. Le Maroc croit fermement que les économies en croissance peuvent ouvrir la voie à davantage d’opportunités et ainsi favoriser la stabilité et la création de richesses.

Gardons à l’esprit que d’après les perspectives économiques du continent, l’Afrique continue à connaître une croissance économique soutenue dépassant 5% annuellement. Elle constitue aussi un marché intérieur important : avec une population de plus d’un milliard d’habitants et qui devrait atteindre plus de 2,5 milliards d’individus en 2050. Avec une pyramide des âges positive, une classe moyenne en croissance et un pouvoir d’achat croissant, ce continent détient la clé de la croissance future de l’économie mondiale.

Dans cette perspective, je saisis cette occasion pour inviter les hommes d’affaires belges et luxembourgeois à profiter des opportunités d’investissement dont dispose le Royaume du Maroc afin de resserrer davantage les liens économiques et commerciaux, et saisir l’engagement du Maroc en faveur de l’Afrique pour promouvoir une coopération triangulaire prometteuse avec les pays africains.